
Gabriel Rapetti
Head of Sale, Senior Specialist
LOT 117
2022 Ford GT Carbon Series Coupé Chassis no. 1FAGP9DW8NH200166
La dernière Hypercar sans hybridation
2022 Ford GT Carbon Series
Châssis numéro 1FAGP9DW8NH200166
• Environ 23 kilomètres d'origine
• Livrée neuve en France
• Un seul propriétaire
• Immatriculée en France, toutes taxes payées
• Complète avec carnets, housse, outils et dossier de production
« Voilà à quoi ressemble la véritable innovation. De sa technologie EcoBoost® 3,5 litres à son aérodynamique ultra-efficiente, la Ford GT est l'aboutissement de tout ce que Ford sait faire de mieux. ... tout, dans la Ford GT, est conçu pour offrir des performances pures. »
— Ford Motor Company
Basée sur la Lola GT d'Eric Broadley, la Ford GT40 originelle est née de l'ambition du géant de Dearborn de battre Ferrari aux 24 Heures du Mans, un exploit qu'il réalisa pour la première fois en 1966. Le projet GT40 avait débuté trois ans plus tôt, à la suite de la tentative avortée de Ford de racheter Ferrari, et était implanté dans l'usine Ford Advanced Vehicles de Slough, en Angleterre. La GT40 participa à sa première course en 1964, mais échoua au Mans cette année-là, puis de nouveau en 1965. La première victoire tant attendue au Mans revint à la Mark II équipée du moteur 7,0 litres, tandis que la victoire de l'année suivante fut remportée par la Mark IV « J », construite aux États-Unis (la GT40 Mark III étant la version routière assemblée en Grande-Bretagne). Parmi les trois GT40 qui franchirent ensemble la ligne d'arrivée lors du célèbre triplé 1-2-3 au Mans en 1966, les deux premières étaient engagées par Shelby American, tandis que la troisième, pilotée par Ronnie Bucknam et Dick Hutcherson, était inscrite par Holman & Moody.
Une décennie plus tard, le statut de la GT40 comme l'une des plus grandes sportives classiques de tous les temps était solidement établi, entraînant une forte demande pour des exemplaires d'origine préservés et l'émergence d'une industrie spécialisée dans les répliques. La seule véritable surprise concernant la renaissance d'une version « officielle » est peut-être le fait qu'il fallut près de quarante ans à Ford pour la concrétiser.
La GT de « nouvelle génération » fut développée par le département d'ingénierie Special Vehicle Team (SVT) de Ford, sous la direction de John Coletti et Fred Goodnow. Comme sur l'originale, les panneaux de carrosserie en composite n'étaient pas porteurs, mais au lieu de la construction monocoque des années 1960, SVT conçut un tout nouveau châssis en aluminium de type spaceframe, combinant sections extrudées et panneaux. Alors que les imposants bas de caisse de la GT40 d'origine, faisant office de réservoirs de carburant, contribuaient largement à la rigidité du châssis, la nouvelle GT reposait sur une structure centrale en « colonne vertébrale », améliorant considérablement l'accès à bord. La suspension représentait une nette évolution, avec des triangles de longueurs inégales et un système à poussoirs et renvois agissant sur des combinés ressort-amortisseur montés horizontalement. Le freinage était assuré par des étriers Alcon à six pistons et des disques ventilés et percés aux quatre roues.
En triomphant des V12 Ferrari, plus fortement sollicités, Ford démontra que le traditionnel V8 américain possédait toutes les qualités nécessaires pour rivaliser au plus haut niveau de l'endurance internationale. Bien loin des simples moteurs à tiges et culbuteurs des années 1960, le V8 MOD suralimenté de 5,4 litres développait 550 ch à 5 250 tr/min et 500 lb-ft de couple à 3 250 tr/min, des chiffres comparables à ceux du moteur 7,0 litres vainqueur au Mans en 1966 et 1967. La boîte transaxle à six rapports entièrement synchronisés utilisait des composants ZF et provenait de RBT Transmissions, dont le fondateur, Roy Butfoy, avait fait partie de l'équipe Ford au Mans. L'habitacle accueillait des sièges baquets Recaro garnis de cuir, avec des œillets de ventilation en aluminium intégrés aux panneaux. L'instrumentation reprenait l'esprit de l'originale, avec des compteurs analogiques et un large compte-tours, complétés par des versions modernes des traditionnels interrupteurs à bascule.
En 1966, la Ford GT40 de course d'endurance devint la première voiture à dépasser les 200 mph sur la ligne droite des Hunaudières au Mans. Égale performance pour une version de série relevait de l'exploit, même en tenant compte de près de quarante ans de progrès technologiques. Testée pour le magazine Motor Trend par la légende de l'IndyCar Bryan Herta, la nouvelle Ford GT franchit effectivement le cap des 200 mph sur la piste d'essais Ford de Kingman, en Arizona, prouvant de manière éclatante qu'elle était digne de ce nom mythique. Lorsque la production s'acheva fin 2006, 4 038 exemplaires avaient été construits, dont plus des trois quarts livrés aux États-Unis.
En 2015, une Ford GT de troisième génération fut dévoilée au North American International Auto Show. Technologiquement très éloignée de ses devancières, cette nouvelle GT était dotée d'un V6 3,5 litres biturbo, d'un châssis monocoque en fibre de carbone, de panneaux de carrosserie en carbone, d'une suspension à poussoirs et d'une aérodynamique active. Développant 647 ch, le V6 EcoBoost entraînait les roues arrière via une boîte double embrayage Getrag à sept rapports. Le constructeur annonçait un 0 à 60 mph en moins de 3,0 secondes et une vitesse de pointe de 216 mph (347 km/h), rendant les freins carbone-céramique Brembo indispensables plutôt qu'optionnels.
En réalité, la nouvelle supercar de Ford avait été conçue dès l'origine en vue de la compétition GT, d'où la présence d'un arceau de sécurité intégré et de nombreuses technologies issues de la course. Pourtant, malgré une suspension ultramoderne orientée circuit, la GT offre un confort de roulement rivalisant avec celui d'une berline de luxe. Matt Prior, d'Autocar, s'en montra particulièrement impressionné : « la GT... possède un niveau de maîtrise — cet équilibre entre confort et tenue de route — que je ne suis pas certain d'avoir déjà rencontré en vingt ans d'essais routiers. Elle est si souple, tout en présentant si peu de roulis et des mouvements de caisse si bien contrôlés, que c'en est véritablement stupéfiant ». Les 1 000 exemplaires routiers prévus furent tous vendus avant même le début des livraisons en 2017, et ces supercars exclusives demeurent aujourd'hui très recherchées.
Quant aux ambitions sportives du constructeur, la nouvelle GT ne déçut pas. Le 19 juin 2016, au Mans, la Ford GT numéro 68 du team Ford Chip Ganassi Racing, pilotée par Hand / Müller / Bourdais, s'imposa en catégorie LM GTE-Pro, une victoire marquant le cinquantième anniversaire du premier succès de Ford au Mans en 1966 avec la GT40 originelle.
En 2018, Ford annonça une nouvelle série limitée : la Carbon Series, positionnée à mi-chemin entre la GT standard et la Competition Series. Comme son nom l'indique, la Carbon Series faisait un usage encore plus étendu de la fibre de carbone, tandis que l'adoption d'un échappement en titane et de jantes en carbone permettait de réduire le poids de 18 kg. La climatisation et le système d'infodivertissement étaient conservés (contrairement à la Competition Series réservée au marché américain), tandis que d'autres spécificités notables incluaient des palettes de changement de vitesses anodisées et des surpiqûres argentées sur les sièges et le volant. Le moteur demeurait inchangé.
Ford fit évoluer la GT pour le millésime 2020 en introduisant plusieurs améliorations mécaniques et de nouvelles éditions spéciales. Le V6 3,5 litres suralimenté reçut des pistons refroidis par galerie, des bobines d'allumage à plus haute énergie et des échangeurs plus grands. La puissance atteignait désormais 651 ch, tout en offrant, selon Ford, une « plage de couple plus large », bien que le couple maximal restât inchangé. Autrefois optionnel, l'échappement standard devenait le système en titane plus léger signé Akrapovič, conservant la sonorité évocatrice du moteur. La suspension était raffermie en mode Track, et les contreforts arrière furent redessinés afin d'améliorer les flux d'air autour de la voiture. La production de la Ford GT de seconde génération prit fin en 2022.
Cette Ford GT Carbon Series, « GT N166 », sortit d'usine, le 13 septembre 2022 et fut livrée en France à son premier et actuel propriétaire. Peinte en gris argent assorti des bandes en fibre de carbone apparant, elle est pourvue d'étrier Brembo rouges et des rétroviseurs en carbone apparant. Conformément aux spécifications « Carbon Series », elle est équipée du système d'échappement en titane, ainsi que des jantes en carbone brillant fixées par des écrous en titane. L'habitacle également fait la part belle au carbone tandis que le volant est garni d'alcantara à coutures assorties à la teinte de la GT.
Conservée dans la collection privée de son propriétaire depuis sa livraison, cette très rare GT Carbon Series n'a parcouru que 23 kilomètres au moment de la rédaction de ce catalogue.
Vendue avec ses carnets d'entretien encore sous blister, sa trousse à outils, son maintien de charge, ainsi que sa housse d'origine, elle est qui plus est immatriculée en France depuis 2025, toutes taxes payées et vient donc avec sa carte grise française. Elle vient également avec son double de clés, ainsi que son dossier de production, comportant les fiches usines et photos de fabrication.
Représentant probablement l'un des derniers exemples de son espèce, la Ford GT est une hypercar pure, sans hybridation et cet exemplaire, quasi-neuf, mais déjà immatriculé est donc prêt à être utilisé sur route comme sur circuit !




































































Our Cars specialists can help you find a similar item at an auction or via a private sale.
Find your local specialist
Head of Sale, Senior Specialist

Senior Specialist

Specialist Consultant

Specialist