
Maximilien Gagnebin
Senior Specialist
LOT 127 *P
1934 Mercedes-Benz 500K (Type W29) Coupé Coachwork by Carrosserie Vanvooren Chassis no. U105.394 Engine no. U105.394
1934 Mercedes-Benz 500K (Type W29) Coupé
Coachwork by Carrosserie Vanvooren
Chassis and engine no. U105.394
Engine block serial no. 102401.59
Vanvooren body no. 2933
• Exemplaire unique, matching numbers
• L'un des seuls 18 coupés W29 construits
• L'un des très rares W29 carrossé en France
• Livré neuf à Paris, France
• Mȇme propriétaire depuis 1959
• Anciennement exposé au Musée de l'Automobile Jean Tua, Genève
• Etat d'origine exceptionnel
Sensation du Salon de l'Automobile de Berlin 1934, la légendaire Mercedes-Benz 500K coûtait une petite fortune à l'état neuf et commande aujourd'hui des sommes royales, tant elle est rare. Les années 1930 furent une décennie d'une fertilité sans précédent en matière de style automobile, dont la sublime 500K représenta le sommet absolu de l'excellence. Son attrait intemporel perdure jusqu'à ce jour (le nom original du modèle, « Typ 500 mit Kompressor », fut ensuite abrégé en « 500K »).
Sous son interminable capot, le moteur huit cylindres de la 500K développait 100 ch sans compresseur et 160 ch avec le compresseur enclenché. La voiture atteignait une vitesse de pointe proche de 110 mph (177 km/h). Après avoir essayé un cabriolet 500K en 1936, The Autocar déclara : « C'est une voiture magistrale, réservée à une élite. L'insolence pure de sa grande puissance procure une expérience à part entière. »
La Mercedes-Benz 500K et sa descendante, la 540K, comptent parmi les modèles les plus emblématiques de l'époque. Au total, 761 châssis des deux modèles W29 — 500K et 540K — furent produits à l'usine de Stuttgart-Untertürkheim entre février 1934 et novembre 1939 : 342 avec un moteur de 5 litres et 419 avec un moteur de 5,4 litres. Parmi ceux-ci, 691 reçurent des carrosseries réalisées par le département « Sonderwagenbau » de l'usine de Sindelfingen, tandis que seuls 70 châssis furent livrés à des carrossiers indépendants. Le modèle le plus populaire fut le Cabriolet B, avec 296 exemplaires produits, tandis que l'exclusif et majestueux Special Roadster atteignit une production totale d'environ 50 unités. Les différentes versions coupé ne représentèrent que 12 voitures, et seulement 6 exemplaires de l'Autobahn Kurier furent construits.
Le châssis des 500K et 540K possédait un empattement de 3 290 mm et était proposé en deux versions. Outre la configuration standard, il existait une variante dans laquelle le radiateur, l'ensemble moteur-boîte, la direction et les sièges étaient reculés d'un peu plus de 10 cm. Les Roadster, Special Roadster, Cabriolet A et Autobahn Kurier furent construits sur ce châssis à moteur reculé, tandis que toutes les autres variantes de carrosserie utilisaient le châssis standard.
Selon Mercedes-Benz Classic à Stuttgart, la livraison du châssis n° U105.394 à la succursale de Paris est enregistrée dans le registre des commandes le 29 novembre 1934, peu après la première présentation du modèle au Salon de Paris en octobre. Malheureusement, aucune mention n'est faite ni du client ni du carrossier. (Selon une lettre de DaimlerChrysler Schweiz AG datée du 27 novembre 2006, cette voiture — châssis n° « U105394 » — aurait été livrée neuve en Allemagne ; cette information s'est depuis révélée incorrecte.)
Le numéro 102401.59 frappé sur le bloc moteur fournit les informations suivantes :
10 pour l'usine d'Untertürkheim
24 pour le nouveau type de moteur M24
01 pour la série
59 pour le 59ᵉ moteur de la première série
Cela correspond à la production totale de 105 unités en 1934 et, conjointement avec la plaque moteur d'origine n° U105.394, confirme que cette voiture est bien matching numbers .
Bien que les opportunités commerciales de Mercedes-Benz sur le marché français aient été limitées par des droits d'importation exorbitants de 45 %, la marque maintenait un showroom sur les Champs-Élysées et exposait régulièrement ses derniers modèles au Salon de Paris en octobre. Des documents internes du conseil d'administration de Mercedes-Benz montrent que la présence au Salon était considérée comme « indispensable » afin de présenter la marque à une clientèle internationale. L'un des moyens de contourner partiellement les droits d'importation consistait à livrer des châssis nus — une stratégie couronnée de succès, car les châssis de 500K/540K attirèrent ainsi l'intérêt des carrossiers les plus prestigieux de l'époque.
L'exemplaire qui nous occupe ici a reçu une carrosserie coupé signée Vanvooren, l'un des carrossiers français de luxe les plus renommés et les plus prospères des années 1930. La Carrosserie Vanvooren, basée à Courbevoie, au nord-ouest de Paris, carrossa la majorité des châssis Hispano-Suiza de cette période et conçut également de nombreuses carrosseries pour Bugatti, Delage, Rolls-Royce, Bentley, Packard et Cadillac. Ces joyaux automobiles figurent parmi les créations uniques les plus exclusives et se trouvent aujourd'hui dans les collections les plus prestigieuses du monde.
Lors d'une inspection approfondie par le spécialiste Vanvooren Martin Waltz en décembre 2025, celui-ci a confirmé que le numéro de carrosserie Vanvooren 2933 apparaît à plusieurs endroits sur le véhicule. Il date d'août 1938. A ce jour, on ne sait malheureusment pas ce qu'il advint du châssis durant les trois années suivant sa livraison de Stuttgart à Paris. Il est possible qu'il soit resté invendu durant cette période, mais il se peut également qu'il ait reçu une première carrosserie, remplacée ensuite en 1938. Parmi l'élite parisienne des années 1930, il était courant soit d'acheter régulièrement des voitures neuves, soit de moderniser celles déjà possédées. De nombreux exemples en témoignent, souvent motivés par les Concours d'Élégance, qui exigeaient l'excellence absolue. Il peut également s'agir, plus simplement, d'un nouveau propriétaire aux goûts différents.
Comme c'était l'usage, Vanvooren prépara une proposition de dessin pour le client, illustrée dans l'ouvrage de Jan Melin et Sven Hernström Mercedes-Benz 8 : The Supercharged 8-Cylinder Cars of the 1930s, Volume 2 (copies des pages concernées au dossier). Outre les spectaculaires ailes avant et l'ensemble moteur/radiateur reculé, l'emploi d'un élément stylistique introduit deux ans plus tôt par le carrossier Letourneur & Marchand est particulièrement frappant : les vitres latérales avant et arrière sans montant, se chevauchant, avec une ligne plongeante vers l'arrière. Vanvooren utilisa également cette caractéristique sur plusieurs autres carrosseries. Par ailleurs, il n'est pas établi avec certitude que la première teinte de la voiture fût vert foncé, comme aujourd'hui ; toutefois, de nombreux indices le suggèrent, notamment l'intérieur largement d'origine entièrement vert — avec tableau de bord et encadrements de vitres gainés de cuir — qui correspond parfaitement à la préférence de Vanvooren pour les peintures et intérieurs monochromes.
On peut supposer que la Mercedes demeura en France jusqu'en 1947, date à laquelle elle apparut pour la première fois à Genève, en Suisse. Cette année-là, la Mercedes carrossée par Vanvooren attira l'attention de Pierre Strinati, alors écolier de 18 ans. Munie de plaques de garage suisses « GE 2325 », elle était stationnée devant le Garage Verolet, sis au 107 boulevard de la Cluse, sur le trotoir (voir photos). Immédiatement fasciné, Strinati osa s'enquérir de ce véhicule extraordinaire, bien qu'il ne possédât pas encore de permis de conduire. La voiture verte était proposée à la vente pour CHF 3,500. Il la photographia et conserva précieusement ces images, sans jamais imaginer revoir un jour la Mercedes (notes manuscrites et photographies de M. Strinati au dossier).
La 500K fut photographiée une nouvelle fois, cette fois devant le garage des Eaux-Vives appartenant à Blanc & Paiches, désormais sans plaque d'immatriculation (photographe inconnu). Avec les images de Strinati, il s'agit des plus anciennes photographies connues de la voiture. L'importation officielle de France vers la Suisse suivit l'année suivante, comme en atteste le certificat de dédouanement daté du 31 juillet 1948 (document au dossier).
Onze ans plus tard, lors d'une visite à Montreux, de l'autre côté du lac Léman, Pierre Strinati redécouvrit par hasard la voiture de ses rêves. Désormais peinte en noir, elle circulait lentement en ville. Il la poursuivit et, lorsqu'elle s'arrêta devant le salon de thé « Le Pavillon », il aborda le conducteur, Kaspar Schmid, également propriétaire de l'établissement. Lorsque Strinati lui demanda s'il envisagerait de vendre la voiture, Schmid répondit positivement, à sa grande surprise. Ainsi, le 29 janvier 1959 — il y a exactement 67 ans — la Mercedes changea de mains pour la dernière fois, pour la somme de CHF10,000.
Cette Mercedes devint la première voiture de ce qui allait devenir l'une des plus remarquables collections privées au monde. Strinati, fils unique d'un riche industriel textile, nourrissait sa passion pour le design automobile depuis le milieu des années 1950 et, au milieu des années 1960, avait réuni dans son garage privé presque toutes les marques aujourd'hui considérées comme des classiques de premier plan. La collection comprenait des exemplaires exceptionnels de Bugatti, Delage, Delahaye, Talbot, Voisin, Ferrari, Lancia, Alfa Romeo, Horch, Maybach, Mercedes-Benz, BMW, Lagonda, Jaguar, Aston Martin et Pegaso. Bien qu'il ait vendu plusieurs voitures dans les années 1980 et 1990, il ne se sépara jamais de la Mercedes-Benz 500K Vanvooren, sa préférée.
Après son acquisition, M. Strinati confia à la Carrosserie Roland Bodi le soin d'ajuster le capot, de réparer le radiateur, de rechromer les pare-chocs, de restaurer les sièges (ceci fait probablement référence à certains éléments des panneaux de portes, les sièges eux-mêmes semblant entièrement d'origine) et de repeindre la voiture en vert — la couleur qu'elle arborait lors de leur première rencontre. Le devis correspondant, daté du 25 février 1960, ainsi que la facture de CHF 2,415 datée du 26 avril 1960, sont conservés au dossier. Strinati immatricula la Mercedes le 31 mai 1960 sous le numéro « GE 33961 » et l'utilisa presque quotidiennement, souvent accompagné de sa mère, qui partageait son profond attachement pour la voiture. Dans les années 1970, la 500K fut retirée de la circulation et placée en stockage. En 1993, elle fut brièvement exposée au Musée de l'Automobile Jean Tua à Genève, avant d'être conservée sur chandelles dans un garage spécialement construit à cet effet pendant les 30 années suivantes.
En 2015, Martin Waltz — alors en train de préparer un ouvrage sur Vanvooren — écrivit à M. Strinati et inspecta la 500K (documentation au dossier). Plus récemment, il a rédigé un article en allemand sur la voiture, également conservé au dossier.
Un modèle réduit, à l'échelle 1:43, de la voiture présentée est inclus dans la vente. Édité en 2014 par EMC/B&G en une série limitée de 150 exemplaires, il est d'une qualité exceptionnelle — notamment grâce au soutien de M. Strinati (correspondance au dossier).
Cette automobile d'exception, mariage unique de l'ingénierie allemande et du design français, est accompagnée d'une vaste archive comprenant correspondances, photographies d'époque, brochures, factures et lettres diverses. Malgré une nouvelle peinture, effectuée en 1960, elle demeure dans un état remarquable d'authenticité et de conservation, l'opulent intérieur en cuir vert étant considéré comme en grande partie d'origine. Ces dernières années, la rareté, l'élégance et les performances de ces grandes Mercedes à compresseur en ont fait l'un des modèles les plus recherchés lorsqu'ils apparaissent sur le marché. Cet exemplaire exceptionnellement bien documenté, conservé à l'abri du public pendant des décennies, mérite l'inspection la plus minutieuse.
Bonhams|Cars tient à remercier tout particulierement Martin Waltz pour son aide dans la rédaction de cette description
Purple Paddle Lot: Veuillez bien noter que ce lot est soumis à des conditions spécifiques pour pouvoir enchérir nécessitant des vérifications supplémentaires. Si vous envisagez d'enchérir sur ce lot, veuillez nous contacter à [email protected] ou appeler le +44 20 7447 7447 dès que possible afin d'éviter tout délai dans votre enregistrement.
Veuillez noter que, si ce véhicule est vendu à un acheteur français privé ou à un particulier membre d'un pays de l'UE, le taux réduit de TVA d'importation de 5,5% sera appliqué au prix d'adjudication. La TVA d'importation vous sera facturée par notre courtier en douane qui vous facturera aussi des frais de dédouanement. Toutefois, si vous achetez en tant que marchand ou que société, les Finances Publiques vous factureront directement (sur la base du dédouanement effectué par notre courtier en douane) et la TVA française d'importation n'apparaîtra pas sur la facture que Bonhams vous délivrera. Veuillez noter que, si vous achetez en tant que société de l'UE, vous devez payer la TVA dans votre pays d'immatriculation, au taux en vigueur. Les taux pour importation dans les autres pays de l'UE peuvent varier, et il vous sera facturé des frais administratifs relatifs à la préparation des opérations de dédouanement. Pour toute question relative au dédouanement, veuillez contacter le département Motorcar de Bonhams ou les sociétés de transport que nous recommandons.






















































Our Cars specialists can help you find a similar item at an auction or via a private sale.
Find your local specialist
Senior Specialist
| * | Import low rate |
| VAT on imported items at a reduced rate of 5.5% on the hammer price and the prevailing rate on buyer's premium if the item remains in EU. TVA sur les objets importés à un taux réduit de 5.5% sur le prix d'adjudication et un taux en vigueur sur la prime d'achat dans le cas où l'objet reste dans l'Union Européenne. | |
| P | Premium Lot Subject to Restricted Bidding |
| Please note that bidding for this Lot is subject to pre-approval. Please contact client services at least 24 hours in advance to discuss registration for this lot. |