
Gregor Wenner
Specialist Consultant
LOT 143
1961 Ferrari 250 GTE Coachwork by Carrozzeria Pininfarina Chassis no. 2371 GT Engine no. 2371 GT
Seul exemplaire produit de couleur Ascot Blue ; Certifiée par Ferrari Classiche
1961 Ferrari 250 GTE
Carrossée par la Carrozzeria Pininfarina
Châssis n° 2371 GT
Moteur n° 2371 GT
• La 69e des 954 produites
• Châssis, moteur et boîte de vitesses à numéros concordants
• Livrée neuve en France, en Suisse depuis 1981
• Restaurée de façon professionnelle en Suisse en 2017-2018 (factures disponibles)
• Seulement 947 km parcourus depuis l'achèvement des travaux
• Historique connu en totalité
• Documents d'immatriculation suisses
"Pininfarina et Enzo Ferrari se sont associés pour créer une automobile extrêmement séduisante : coûteuse, rapide et d'un confort luxueux, avec un vaste compartiment à bagages. Tout cela fait d'elle la Gran Turismo par excellence, vraiment une Gran. Si vous voulez courir à toute allure sur route, voyez la Berlinetta, mais s'il s'agit de rouler avec allure, la 2+2 confine à la perfection." - Sports Cars Illustrated.
Destinée à faire briller Ferrari dans un secteur du marché déjà disputé par ses concurrents Aston Martin et Maserati, la 250 GTE 2+2 fut présentée lors de l'été 1960. Première quatre-places de Ferrari, elle était l'héritière directe du plus fort succès commercial du moment chez Ferrari, la 250 GT. Cette dernière, lancée en 1954, avait été équipée du V12 Colombo de 3,0 litres, plus compact et plus léger que le Lampredi de sa devancière l'Europa. Si le châssis de la 250 GT respectait les habitudes de la marque, une structure multitubulaire s'appuyant sur de forts tubes à section ovale, sa suspension avant à roues indépendantes faisait appel à des ressorts hélicoïdaux et non plus à un ressort à lames transversal. Une boîte de vitesses à quatre rapports synchronisés transmettait la puissance à l'essieu arrière rigide et le freinage était assuré par quatre tambours à commande hydraulique. Des freins à disque arrivèrent à la fin de 1959, suivis l'année d'après par une boîte à quatre rapports et overdrive, deux caractéristiques dont la 250 GTE bénéficia dès son démarrage, en 1960.
La consigne donnée à Pininfarina avait été de faire une 2+2 qui ne perde rien de l'allure élégante, plaisante et sportive de la 250, ce à quoi le maître styliste parvint brillamment sur la GTE. Aperçue une première fois lors des 24 Heures du Mans 1960 sous la forme d'un prototype utilisé par le Directeur de course, la Ferrari 250 GTE 2+2 fut exposée officiellement en première mondiale lors du Salon de Paris qui suivit. Il y avait déjà eu des Ferrari quatre-places avant la 250 GTE – Ghia, Touring et Vignale produisaient tous des 2+2 dans les années 1950 – mais ces tentatives avaient pâti de la nécessité d'utiliser un châssis qui n'était pas conçu pour loger des passagers arrière et elles n'avaient connu qu'un modeste succès. Ferrari et Pininfarina avaient travaillé sur la conception de la première quatre-places de Maranello de façon suffisamment étroite pour qu'une telle critique ne puisse pas s'appliquer à la 250 GTE.
Avec ses 2 600 mm d'empattement, le châssis multitubulaire était semblable à celui de la 250 GT coupé tricorps dessiné par Pininfarina et 200 mm plus long que celui de la 250 GT SWB d'alors. En avançant le moteur de 200 mm et en élargissant la voie arrière de 38 mm, on avait pu introduire deux sièges arrière dans une caisse qui, malgré son allongement, conservait le classicisme des proportions traditionnelles de Pininfarina. Des roues avant indépendantes, un essieu arrière rigide, quatre freins à disque et une boîte à quatre rapports plus overdrive venaient compléter la définition du châssis, tandis que les 240 ch du moteur Tipo 128E à bougies côté échappement garantissaient l'absence de toute perte de performances malgré l'inévitable prise de poids. Sa vitesse frisait les 225 km/h et un exemplaire, confié au pilote d'usine Ferrari Phil Hill et chargé de deux passagers, n'avait eu besoin que de 25 secondes pour accélérer de 0 à 160 km/h et s'arrêter, une performance stupéfiante pour une GT presque chargée au maximum.
La 250 GTE, une voiture à succès qui rapporta beaucoup à Ferrari, connut trois versions, qui ne se différenciaient que par la disposition du tableau de bord et l'implantation des feux arrière, avant que sa production ne prenne fin en 1963. Il s'en était alors vendu 954 exemplaires, ce qui fait d'elle la plus appréciée et le plus fort succès commercial de Ferrari à ce jour.
Ce châssis 2371, le 69e de la série, a été commandé en novembre 1960 par Franco Britannic Autos, le concessionnaire officiel de Paris. Sortie de l'usine de Maranello le 22 février 1961, la voiture fut vendue le 1er mars suivant à son premier propriétaire, la Société Lunches & Glaciers, un restaurant de Paris. Son harmonie de teintes d'origine était une peinture Ascot Blue et un garnissage intérieur en cuir Connolly beige. Le 19 décembre 1963, elle devint la propriété d'un Parisien, M. Maurice Bataille, qui la revendit en juin 1969 à M. Jacques Charpentier, de Vouillé (France). Puis cette Ferrari devint successivement la propriété de M. Pierre Alain Franceschi, de Nice, en janvier 1981, de M. Pierre de Siebenthal, d'Ecublens (Suisse), en mai 1981, et finalement de son vendeur suisse, qui l'acquit en octobre 2013 auprès de M. Olivier de Siebenthal.
Entre 2017 et 2018, cette Ferrari fut restaurée en Suisse par Olivier de Siebenthal, avec entre autres une réfection du moteur qui le remit dans un état 'comme neuf'. On trouvera au dossier les factures et les photos de cette restauration, ainsi que des documents d'historique dont l'historique complet de propriété, divers courriers, un fichier des entretiens effectués par Franco Britannic, un rapport Massini, une carte d'identité de la FIVA, les deux dernières cartes grises françaises, l'actuel document d'immatriculation suisse et, très important, la certification Ferrari Classiche. La voiture n'a parcouru que 947 km depuis sa restauration et elle se présente dans un état aussi excellent que possible, car pour qu'elle se conserve bien, elle a eu droit au printemps de chaque année à un contrôle effectué par Siebenthal. Elle est munie de sa trousse à outils.



































































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